Article publié ailleurs le 21 décembre dernier... Et le "on dirait du Avatar" est un peu le nouveau point Godwin du cinéma, non?
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Comme beaucoup de monde j'attendais "Avatar" de James Cameron. Le réalisateur de Titanic revenait sous le feu des projecteurs avec un "petit bijou" de technologie. Et ça promettait du lourd.

Pour ne pas gâcher mon plaisir, j'ai décidé de ne rien lire et de ne rien regarder de tous les trailer qui arrivaient au compte-goutte, tous plus attendus les uns que les autres. Malheureusement à quelques jours de mon visionnage en salle obscure accompagnée de l'Homme, j'ai lu une critique! Bon j'ai vu aussi les gens enthousiastes "Allez-y" "C'est exceptionnel"... et toutes les louanges possibles pour porter haut ce film "Fantastique!". Autant vous dire que vu mon esprit critique, je suis partie avec un sacré appriori "c'est une belle daube", parce qu'entendre le premier "cinéphile" te dire : "attends! James Cameron quoi!" bah moi ça me fait ni chaud ni froid (et là dessus je reviendrai, parce qu'il y a pas mal de choses à dire au sujet des masses de moutons "cinéphages"). Et puis je lis un article destructeur sur le film. Malheureusement, je n'y allais pas vierge de toute ressenti. Pour moi la daube se projetait.
Bref... Arrivée dans la salle de ciné, j'ai pas voulu me casser les pieds à trouver une salle pour le voir en 3D. Et puis en général ça me fous la migraine (et déjà qu'avec le froid je suis migraineuse, alors n'ajoutons pas d'huile sur le feu!). Donc, arrivée dans la salle, mon cerveau ne pensait qu'une seule chose "pourvu que j'ai pas envie de pisser, parce que 2h40 tout de même!". Passé ce premier stade d'angoisse, le film commence et je me crispe un peu.
Et voilà dans quel état d'esprit j'en suis sortie... "j'ai envie de pisser" Véridique, ça a du être mes premiers mots dès le mot "fin" (qui est remplacé ici par "Avatar"... peut être que ça veut dire ça en fait!) et pour l'Homme ça a été "putain mais les voisins boulets" (assez fort pour qu'ils comprennent leur lourdeur). En temps normal, j'aime pas forcément dire ce que j'ai pensé d'un film immédiatement, il me faut un temps de "décantation". Là le temps de décantation a du être aussi rapide que ma première pensée "il faut que j'aille aux toilettes". Non, je ne dis pas par là que pour moi Avatar passe par la vessie. Mais ça a été aussi rapide.

En quelques mots ce que j'en ai pensé. Oui niveau technique on en prend pleins les yeux, c'est vertigineux, y'a de l'effet "spécial" partout. C'est beau, c'est coloré. What else? Bah c'est tout. Je n'ai pas été emportée un seul instant dans l'histoire. Moi qui aime "entrer" dans le film avoir l'impression d'être dans l'histoire, là je suis restée spectatrice. Mais totalement! je suis restée clouée à mon fauteuil de cinéma.
Mais pourquoi? Alors là, j'accuserai la débauche d'effet "spécial" et le "dégobillage" de détails. On ne sait pas où regarder, y'a trop de choses à voir et avec mon esprit torturé, c'était plus à base de "comment ils ont fait" "mais pourquoi ils ont fait ça". De plus l'histoire pleine de bons sentiments oppose de façon assez manichéenne le monde "écologiste" (qui serait incarné par les gentils Na'vis) et le monde cruel de la finance (incarné par la "Compagnie" et les méchants américains"). Un brin simpliste comme vision des choses, qui m'a mis mal à l'aise. Pourquoi se sent-on obligé de stigmatiser encore à notre époque deux "mouvements" normaux de notre temps? On ne peut pas vivre sans les marchés financiers et on ne peut ignorer les problèmes écologiques... James, là tu as pêché par orgueil? ça doit être le double effet Copenhague...
Plus niveau science-fiction, au delà de l'idée que je trouve intéressante de faire des avatars pour s'approcher d'un peuple sur une planète hostile, c'est du vu et revu. L'histoire des bestioles à amadouer m'a fait penser à du Gaborit(maître français dans le monde de la fantaisie, que j'aime d'amour), mais en réchauffé. Certes les bestioles sont "jolies" mais au final comme quelqu'un l'a fait remarqué sur un blog, on prend un animal existant, on lui rajoute une paire de n'importe quoi (yeux, jambes, bras, ailes) et HOP! voilà une nouvelle bête. Bon je ne les blâme pas, l'esprit humain n'est pas assez créatif pour faire ce que la nature et le hasard savent faire depuis une éternité. Au-delà, comme l'a fait remarquer l'Homme, tout semble neuf dans ce monde, du côté américain. Pas une égratignure, tout est nickel... ce qui fait que ça manque un peu de vécu et d'originalité. Et enfin, le côté "allez on va piller une planète! et puis leur faire apprendre notre langue et notre civilisation parce que ce sont des sauvages, mais nous on pille c'est pas pareil" c'est une fois de plus simpliste et un total retour en arrière... même si on peut mettre ça en lumière avec pas mal de questions géopolitiques actuelles (pourquoi vouloir imposer à un peuple, Notre façon de vivre occidentale?).
Bref... Je suis très mitigée sur ce film que le grand public, ainsi que les aficionados attendaient... Et franchement je suis un peu déçue, même si je n'attendais rien de particulier. En prendre pleins les yeux certes, mais que ça m'emporte avec originalité et légèreté, aurait été un vrai plus.